Le Conté du Val d'Omer


Conquête de la Normandie
 

Jean sans Terre succéda à Richard.

Mais Philippe Auguste déclara que les fiefs des en france devaient revenir à Arthur de Bretagne, fils d'un frère aîné de Jean.


Jean s'empara d'Arthur par trahison et le fit disparaître.
La rumeur publique l'accusa de l'avoir poignardé lui-même la nuit à Rouen sur un bateau, au milieu de la Seine.

Philippe, souverain justicier de ses vassaux, cita Jean à comparaître à jour fixe devant les juges royaux de Paris.
Jean ne se présenta pas.
Les juges le déclarèrent pour ce seul fait félon, c'est à dire coupable de trahison et de révolte, et conformément à l'usage prononcèrent contre lui la peine de mort et la confiscation de ses fiefs (1203).

Philippe Auguste envahit vivement la Normandie.
Il enleva après six mois de siège, la formidable place de Château Gaillard sur la Seine, près des Andelys; il occupa les principales villes et finalement bloqua Rouen.

Jean avait fui en Angleterre.
Les Rouennais lui demandèrent secours : leurs envoyés le trouvèrent jouant aux échecs; il leur répondit sans même interrompre sa partie :
"Impossible de vous secourir dans le délai voulu, faites pour le mieux".

Les Rouennais se rendirent.
Philippe se les attacha par la douceur.
Il agit de même dans l'Anjou, la Touraine, le Maine et le Poitou où il paya largement les seigneurs et les villes qui se soumettaient.
Jean demanda la paix (1208).




Coalition contre Philippe :
 

Six années plus tard Jean essayait de prendre sa revanche.

Il organisa contre Philippe Auguste une coalition où entrèrent avec lui des vassaux du roi de France, le comte de Flandre et le comte de Boulogne.
La plupart des seigneurs des régions flamande, belge, lorraine, enfin l'empereur Otton IV.

C'était une véritable coalition européenne, la première.

Elle trahissait les inquiétudes que Philippe Auguste causait à ses voisins et par conséquent témoignait avec éclat de la puissance acquise par la maison Capétienne.

Jean attaqua le premier par l'Anjou.
Il fut mis en déroute à la Roche-aux-Moines, près d'Angers (2 juillet 1214).
Les coalisés du Nord eurent le même sort.
Le 27 juillet 1214, non loin de Tournai, ils pensaient surprendre l'armée française très inférieure en nombre, pendant qu'elle passait le pont de Bouvines.
Les Français prirent cependant l'offensive.
Philippe, engagé au plus fort de l'action, fut un moment en danger de mort.
L'empereur de son côté faillit être pris.
La victoire fut brillamment gagnée par les Français.
La nouvelle de ce succès souleva l'enthousiasme dans tout le royaume.
Bouvines fut comme une première victoire nationale.

Elle eut d'autre part d'importantes conséquences.
En Allemagne, elle entraîna la chute d'Otton.
En Angleterre, elle amena la révolte contre Jean sans Terre.
En France, elle assura la paix jusqu'à la mort de Philippe Auguste en 1223.




Louis IX ou Saint Louis
 
Louis VIII (1223-1226), fils et successeur de Philippe Auguste, fut aussitôt après son avènement attaqué par Henri III, fils de Jean sans Terre.
Louis VIII le battit et lui enleva l'Aunis, la Saintonge, le Limousin et le Périgord.

Henri ne fut pas plus heureux contre Louis IX ou Saint Louis.

Saint Louis, en 1242, le battit deux fois en deux jours à Taillebourg et à Saintes.
Henri III demanda une trève.

En 1258, Saint Louis, revenu de la croisade d'Egypte, voulut transformer la trêve en paix définitive et "mettre amour entre ses enfants et ceux du roi d'Angleterre".

Un traité fut signé à Paris.
Henri III renonçait à jamais à tous les territoires concquispar Philippe Auguste.
En revanche Saint Louis rendait les conquêtes de son père Louis VIII.

Il les rendait quoique victorieux, spontanément, pour le seul amour de la justice et de la paix.
Le fait est unique dans l'histoire.
Aussi le pape Innocent IV donna-t'il à Saint Louis le surnom mérité d'Ange de la paix.

Le traité de Paris marquait la fin de la première guerre de cent ans et de la rivalité des Capétiens et des Plantagenets.
Ceux-ci ne gardaient plus en France que l'ancienne dot d'2léonore d'Aquitaine : les pays rendus par Saint Louis et le duché de Guyenne au sud de la Garonne.
Les capétiens leur avaient enlevé leurs possessions de l'ouest de la Seine et du nord de la Loire, les deux berceaux de leur puissance, la Normandie et l'Anjou, avec la Touraine, le maine et le Poitou.
Le domaine royal jadis complètement isolé de la mer, s'ouvrait désormais sur la Manche et sur l'Atlantique.
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